jeudi 17 mai 2012

Ornithorynques au Parc National Eungella et Mackay


Le 17 mai

Du haut de notre perchoir, la nuit fut très tranquille. Nous nous levons dans les nuages, la purée de pois. Nous partons tout de suite après le petit-déjeuner pour se rendre sur le bord de la rivière Broken Creek où se trouve l'accueil du Parc national Eungella, le point de départ de quelques sentiers ainsi qu'une plate-forme d'observation des ornithorynques ou plathypus. 



Nous n'avons pas beaucoup d'espoir d'en voir car ils sont surtout actifs la nuit, le matin très tôt et en fin de journée. Les cinq dernières fois où nous avons essayé d'en voir, ce fut sans succès. Mais quelle surprise d'en voir un dès notre arrivée au site d'observation! Il est mignon comme tout et nage au centre de la petite rivière avec ses pattes de devant qui sont palmées. Il respire quelques secondes, ferme ses yeux, ses narines et ses oreilles, et plonge dans l'eau trouble pour aller chercher sa nourriture à l'aide de son bec ultra-sensible aux champs électriques dans l'eau. Quel animal bizarre! Mammifère qui pond des œufs, allaite ses petits, pourvu d'un ergot venimeux aux pattes arrières et surprenant à bien d'autres égards que je passe sous silence ici. Et voilà qu'un deuxième animal apparaît! Wow! 




Ce n'est probablement pas pour cela que des dizaines de cockatiels à crête jaune crient à tue-tête juste au dessus de la rivière mais tout de même un vrai beau spectacle que l'on admire durant plus d'une demie-heure. Pendant que les deux ornithorynques s'affairent en face de nous, une dizaine de tortues passent lentement à la queue leu leu juste à nos pieds, tout près de la rive. Où s'en vont-elles comme cela?



Après nous être remplis les yeux de plathypus nous allons faire un sentier dans la forêt tropicale bien particulière de ce parc national. Le Parc national Eungella protège une forêt refuge, un îlot de forêt tropicale qui a été isolé des forêts plus au Nord lorsque le climat de l'Australie est devenu de plus en plus sec. Les espèces présentes dans les montagnes du parc ont continué à évoluer depuis les quelque 30 000 ans depuis cette séparation et aujourd'hui, il y a des dizaines d'espèces que l'on ne trouve qu'ici, des espèces endémiques au Parc Eungella. Notre premier sentier nous amène donc à travers des peuplements de Tulipiers de Eungella (Tulip oak) et de palmiers éventails de Eungella (Fan palm). 





Si l'on cherchait très fort et si l'on était chanceux on pourrait aussi voir des amphibiens et des reptiles endémiques du Parc dont une grenouille qui incube ses œufs dans son estomac et qui crache les tétards après l'éclosion. Mais aucun individu n'a été trouvé depuis 1995... Rare, menacée, en disparition, disparue?  Malgré la légère pluie, les sangsues semblent absentes.  Mais on n'a pas pris de chance avec les bottes...



Nous faisons ensuite une seconde randonnée dans un habitat différent à flanc de montagne. Le sentier passe sous un figuier particulier qu'on appelle le Tree Arch. L'arbre hôte qui a servi de pilier à ce figuier alors qu'il se développait est mort depuis longtemps et a complètement disparu. À sa place il y a cette cavité qui donne un cachet bien particulier au figuier qui reste et au sentier qui passe au travers.




Avant le dîner nous arrêtons au Café Hideaway pour y prendre un succulent capuccino et pour visiter le jardin de Susanna la propriétaire. Susanna a construit et décoré son jardin d'une manière bien originale. Elle se défend bien que ce soit de l'art mais je crois bien que oui car les centaines d'objets qu'elle a créés avec des billes de verre ou des pierres sont uniques. L'ensemble surprend par son ampleur. Des années de travail et des milliers d'heures à coller des morceaux de verres sans aucun doute. Un jardin rococo qu'on a bien aimé parcourir dans une ambiance de musique classique.







Après dîner, nous redescendons la montagne sur la compression. Nous passons de 750 m en 150 m d'altitude en une dizaine de minutes, par le même chemin où nous avions monté. Nous nous dirigeons ensuite vers Mackay, ville d'environ 80 000 habitants et capitale régionale touristique et de services. Tout au long du parcours, nous sommes entourés de champs de canne à sucre et nous sommes surpris de voir trois grosses usines sucrières en l'espace de quelques dizaines de kilomètres.

Nous visitons le centre-ville situé sur le bord de la mer à l'embouchure de la rivière Pioneer et décidons de poursuivre notre périple car cette ville n'a pas grand intérêt pour nous malgré une marina, un joli centre-ville commercial, des condos en bordure de rivière, etc. C'est certainement parfait pour les touristes qui en font un lieu de résidence secondaire pour passer l'hiver mais cela manque de d'attraits intéressants pour nous.

Nous roulons vers le Sud jusqu'à la petite ville de Sarina où nous trouvons un petit camping sympathique et tranquille pour passer la nuit. 

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