jeudi 12 avril 2012

West Macdonnell Range Natl Park à Devil's Marbles


Le 9 avril

Ce matin, nous avons dit au revoir à nos voisins de camping allemands avec qui on a passé la soirée d'hier. Eux partaient dans leur énorme véhicule pour une route de outback menant vers le nord ouest. Après avoir communiqué par Skype avec nos proches nous avons fait quelques courses au supermarché et sommes allés visiter le musée d'Australie centrale d'Alice Springs. Une galerie d'oeuvres aborigènes nous a fait connaître un peintre aquarelliste réputé (Albert Namatjira) qui est le 1er autochtone à avoir eu la citoyenneté australienne dans les années 50. Cela lui apportait notamment le droit de vote et le droit de propriété. Nous avons aussi visité le petit musée axé sur la géologie et l'histoire naturelle mais aussi sur la recherche concernant la culture autochtone.

Puis nous avons pris la route vers le parc National West MacDonnell Range. Nous roulons au milieu d'une chaîne de montagnes rouges parsemée de gorges et de rivières asséchées. Premier arrêt au Simpson Gap qui nous a bien épaté. Puis nous décidons de nous rendre directement à Ormiston Gorge pour y camper. Nous y ferons un ou deux sentiers demain et rien qu'à voir le panorama, ça promet.




À part cela, c'est le retour des mouches en force et nous devons ressortir nos filets!

Hélène


Le 10 avril

Hier soir nous avons entendu hurler un dingo. Mais il n'a pas eu de réponse le pauvre. Et dire que nous venions juste d'aller prendre une marche sous les étoiles tout près d'où venaient ces hurlements, dans l'aire de pique-nique pas très loin du camping.

Aujourd'hui nous avons eu une journée très diversifiée en visitant quatre sites différents dans le Parc national West Macdonnell Range.

On a commencé par une marche d'un peu plus de 8 km le matin dans Ormiston Gorge. Le sentier débute dans une colline où poussent en abondance les spinifex, ces plantes herbacées que seuls digèrent les kangourous et les termites. D'ailleurs, un pigeon des spinifex est venu nous faire toute une parade pour défendre son territoire.

Image d'Internet


Puis nous faisons un grand bout dans la rivière plus ou moins à sec jusqu'à la gorge proprement dite.






Là l'eau est abondante sur plusieurs centaines de mètres et il faut traverser la rivière avec de l'eau jusqu'à hauteur de poitrine pour moi et au cou pour Hélène. Nous avions apporté nos sacs-au-sec ce qui a facilité la chose.



Ensuite nous avons prise un embranchement jusqu'à un point de vue en haut de la rivière où trône majestueusement un grand Gommier fantôme (Ghost Gum tree), un eucalyptus avec l'écorce très blanche, d'où son nom, et qui a la particularité de pouvoir grandir dans la montagne désertique en faisant descendre ses racines de 70 m ou plus à travers le roc jusqu'à l'eau souterraine près de la rivière. Le peintre Namatjira dont Hélène parlait hier les a d'ailleurs beaucoup illustrés dans ses tableaux.



Après cette première randonnée, nous lunchons dans l'aire de pique-nique près du camping et avons l'agréable surprise de voir notre premier dingo tout près de nous dans le stationnement. Le temps de sortir du véhicule avec la caméra et il était déjà presque parti.

Nous prenons ensuite la route Namatjira en direction d'Alice Springs pour se rendre à Ochre Pits, un lieu où les aborigènes venaient chercher de l'ochre blanc, jaune et rouge. Les strates rocheuses de différentes couleurs sont positionnées verticalement et longent une petite rivière actuellement à sec. Les ochres étaient très en demande chez les aborigènes pour se peindre le corps en vue de différentes cérémonies. On mélangeait la poudre avec du gras pour que cela s'étende facilement. Certains ochres ont voyagé sur plus de 1000 km. On les transportait sur la tête dans des plats de bois ou dans des outres en peau.




Entre Ormiston et Ochre Pits nous avons failli écraser un canidé, mi-chien mi-dingo on aurait dit car il ressemblait vraiment à un dingo mais avait tout le dos de couleur noir.

Après cette visite, nous nous rendons à Serpentine Gorge, quelques kilomètres plus à l'Est. Nous prenons un court sentier qui nous mène à l'entrée de cette autre gorge qui traverse la chaîne des MacDonnels et empruntons ensuite un sentier d'environ 15 minutes qui nous conduit à une point de vue qui surplombe la gorge et les points d'eau qu'on y trouve. C'est très à pic et la vue nous coupe le souffle que l'on regarde d'un côté ou de l'autre.




Nous sommes presqu'en fin d'après-midi maintenant et nous nous rendons encore un peu plus loin envers Alice Spring jusqu'à Ellery Creek Big Hole. Ici aussi c'est une rivière qui a scié la montagne. La gorge est moins à pic et moins haute que la Serpentine mais le point d'eau qu'on y retrouve est très gros. Pour un point d'eau dans le désert, bien entendu. Nous y plongeons avec bonheur pour se rafraîchir et pour enlever le sel de sur notre peau.



Nous allons camper ici ce soir et comme il n'y a pas de douche ici, c'est bien de joindre l'utile à l'agréable. L'eau est juste bien fraîche comme dans les lacs du Québec en été malgré que des mises en garde soient bien affichées à l'effet que l'eau y soit extrêmement froide et qu'on y risque l'hypothermie. Autre pays autres mœurs!

Jean

Le 11 avril

Nous partons très tôt d'Ellery Creek et allons déjeuner à Alice Springs sur la colline Anzac d'où on a une vue à 360 degrés sur la ville. Il fait frais, à peine 13 degrés et on annonce pas plus de 18 à 20 aujourd'hui. Tout un contraste avec la semaine dernière!



Nous faisons quelques courses et allons chez Apollo pour chercher une ampoule de rechange. Cela devait prendre 5 minutes mais il s'avère que c'est toute la lampe extérieure qu'il faut changer. Nous quittons Alice Springs 1h30 plus tard mais encore plus satisfaits du service de notre fournisseur.

La route est longue comme dit la chanson! On avale les kilomètres dix par dix. On rencontre 5-10 voitures à l'heure environ et on se fait doubler une seule fois dans toute la journée malgré notre vitesse très raisonnable, à 110-115 km/h alors que la limite est de 130 km/h. Le paysage change peu à peu. Plus on avance vers le Nord et plus les arbustes sont denses et les arbres fréquents. Il y a plus d'eau probablement. Nous passons vers midi le Tropique du Capricorne. Nous voilà donc sous les tropiques.

Il n'y a aucune ville avant Tennant Creek qui est à 500 km au Nord d'Alice Springs. Mais de temps à autre, il y a des relais routiers. Des Road Houses comme ils les appellent encore aujourd'hui car à l'époque on y hébergeait les voyageurs et leurs montures. De nos jours, on y trouve généralement de l'essence, quelques chambres de motel, des emplacements de camping et parfois un petit magasin général. Cela varie en grosseur et en qualité de place en place.

Nous arrêtons à quelques-uns de ces relais en passant ainsi qu'à une ferme à Ti Tree où l'on cultive des mangues et des raisins. Le seul verger à 500 km à la ronde au moins. Le propriétaire fait produire à Adelaide trois sortes de vins avec ses mangues. Nous goûtons puis achetons un vin blanc sec au bouquet très fruité au parfum de mangue. Il fait aussi fabriquer de la crème glacée à la manque à Darwin. Nous en achetons et en savourons une partie avant de reprendre la route.

Un peu plus tôt nous avions arrêté à Aileron, un relais où l'on trouve en plus une galerie d'art aborigène ainsi que deux immenses sculptures. Le propriétaire a payé 120 000$ à une artiste pour faire la sculpture de l'homme sur la montagne. Après 14 mois de travail c'était prêt. Les femmes aborigènes de l'endroit ont apprécié mais lui ont dit qu'il faudrait aussi une femme. D'où la seconde sculpture quelques années plus tard. La galerie contenait de vrais beaux tableaux et même si les prix étaient moindre qu'à Alice Springs, c'est encore un peu trop pour notre budget de voyage. Il faut payer au moins 600$ pour une belle peinture de format moyen.




Plus loin, nous arrêtons quelques minutes à Wycliffe Well où, selon le propriétaire, il s'est vu le plus d'OVNI (UFO en anglais) dans le monde entier.




Nous nous rendons ensuite à notre destination finale pour la journée, à la Réserve de conservation de Kurlu Kurlu ou Devil's Marbles. Tout au milieu de la plaine qui s'étend à perte de vue, on y retrouve une formation géologique inusitée. D'immenses blocs de granit sont répartis sur quelques hectares et plusieurs sont en équilibres sur d'autres blocs. Le contraste avec les environs est stupéfiant et on s'émerveille toujours devant ces cadeaux de la nature.







Jean

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Attention, les commentaires sont publics!
N'oubliez pas d'indiquer votre nom au bas du commentaire