lundi 14 mai 2012

La chute Wallaman, la plus haute en Australie


Le 13 mai

La journée commence habituellement par un bon petit déjeuner en plein air. Ce matin nous avons les fruits achetés au kiosque hier, incluant le cacao. Dans ce dernier cas, on peut manger la gelée entourant les graines un peu comme pour la pomme-cannelle ou le corossol. Mais la gelée est rare et finalement on ne peut dire qu'on s'est régalés. Ce sont les graines rôties puis moulues, et parfois fermentées, qui donnent le cacao mais nous ne sommes pas équipés pour cela. C'est tout de même joli dans l'assiette.



Nous roulons ensuite vers le Sud jusqu'à Ingham avec un arrêt à la plage de Cardwell et un autre à un kiosque de fruits. Nous y achetons un ananas bien mûr, des avocats, des mandarines et des bananes. Le tout pour la modique somme de 4$. Le propriétaire était bien sympathique et nous avons longuement jasé avec lui.

À Ingham, nous bifurquons vers l'Ouest en direction des montagnes. Tout le ciel était bouché ce matin mais les nuages sont maintenant au dessus des montagnes et il semble qu'on aura du soleil très bientôt. C'est une bonne nouvelle car pour aller voir la chute Wallaman, il faut faire 50 km et monter jusqu'à 600 m en altitude. Lorsque nous étions passés à Ingham il y a deux semaines environ, il pleuvait et il aurait été inutile d'aller dans les montagnes car on n'aurait rien vu.

Nous roulons donc en direction des montagnes durant une trentaine de kilomètres à travers les champs de canne à sucre et parfois à travers les bovins qui se promènent sur la route. Ensuite le chemin rétrécit et monte abruptement jusqu'à 600 m en passant par des dizaines de virages en épingle. La forêt est dense et les points de vue sont à couper le souffle. Nous arrivons finalement un peu après le lunch au belvédère situé juste en face de la chute, de l'autre côté d'une vallée profonde aux parois verticales. 



La chute Wallaga est la plus haute chute d'un seul jet en Australie. La rivière arrive au bord du précipice à 540 m d'altitude et tombe de 268 m dans un bassin d'une vingtaine de mètres de profondeur. Le soleil est non seulement de la partie mais en plus, à cette heure-ci, il éclaire parfaitement le canyon et la chute. Un moment inoubliable! Après avoir pris trop de photos et trop de séquences vidéos nous allons à un autre point de vue un peu plus loin pour voir la vallée. La végétation est différente de ce que nous avions vu ailleurs. Nous remarquons surtout une nouvelle espèce de grass-tree dont les fleurs font 4-5 mètres de hauteur ainsi que de beaux conifères ressemblant à des pins, les casuarinas.





De retour au premier mirador, Hélène s'installe pour dessiner la chute alors que moi je regarde la chute, ainsi qu'Hélène en train de dessiner la chute.



En milieu d'après-midi, nous allons nous installer au camping du Parc tout près de là. Un gros varan s'y promène tranquillement.  



Nous allons prendre une petite marche dans un sentier le long de la rivière en amont de la chute. On peut s'y baigner mais aussi y voir des platypus, si on est chanceux...




Après la marche, Hélène dépouille et trie les dépliants touristiques qui concernent les nouvelles régions que l'on visitera au cours des deux ou trois prochaines semaines, entre Townsville et Brisbane. Pendant ce temps, je trie les photos et rédige le présent article en attendant l'heure de l'apéro. Au menu ce soir du bon kangourou sur le BBQ! Mais pas du kangourou arboricole cependant! Un peu plus tard durant la soirée, nous avons droit à un concert de chants religieux effectués par une famille norvégienne très engagée. Ils sont en année sabbatique et pendant que les enfants vont à l'école, les parents font du bénévolat ou vont dans un camp biblique.

Jean

samedi 12 mai 2012

De la montagne à la mer, Mission Beach


Le 12 mai

Nous avons dormi au camping Henrietta Creek dans le Parc national de Wooroonooran. Il a plu toute la nuit mais à part quelques averses de temps à autre, le temps semble s'améliorer. Nous partons faire notre randonnée à la chute Nandroya vers 8h. Le sentier en boucle est sur base de gravier avec quelques pierres de temps à autre dans les pentes. La végétation luxuriante est couverte de gouttes de pluie ce qui fait ressortir encore plus l'aspect tropical. On voit beaucoup de figuiers avec leurs racines élargies, des noyers gigantesques ainsi que des fougères énormes, les King Ferns.





Nous arrivons rapidement à la chute Silver qui se déverse dans un petit bassin où il ferait bon nager s'il faisait un peu plus chaud. 



À environ le tiers du sentier de 7 km, nous arrivons à la chute Nandroya après avoir descendu près d'une centaine de mètre au fond de la vallée bordée de jungle touffue. La chute tombe de plus de 40 m dans un bassin qui lui-même se déverse dans une autre chute de 7 ou 8 mètres juste à côté. L'endroit est magique. Nous y sommes seuls avec une multitude d'oiseaux qu'il est plus facile d'entendre que de voir.



Après avoir admiré le spectacle suffisamment pour tenter d'en faire un souvenir indélébile, nous continuons dans la partie de la boucle qui est la moins empruntée. Elle est plus longue, plus demandante, moins entretenue et aussi, bien fournie en sangsues. Nous n'avions pas vu ces petites pestes depuis Bornéo mais là on est comblés. Comme le sol est bien humide, les sangsues attendent patiemment dans le sentier qu'une personne ou qu'un animal passe à proximité. Dès qu'elles sentent une vibration, elles se dressent en ondulant la tête de gauche à droite, se collent à la chaussure, remontent le long de la bottine jusqu'à la chaussette et réussissent à introduire leur tête jusqu'à la peau à travers les fibres. Il faut dire qu'elles sont toutes petites. Un centimètre ou deux de long seulement. Elles s'étirent donc le corps, le rendant mince comme un fil, apposent leur ventouse sur la peau et à l'aide de leur dent font un beau petit trou par lequel elles suceront assez de sang pour décupler leur taille. Pour éviter la coagulation du sang, elles injectent de l'hirudine ce qui fait qu'une fois la sangsue partie, la plaie, si petite soit-elle, continue à saigner durant plusieurs minutes. Évidemment, après avoir découvert la première, nous avons vérifié souvent s'il y en avait d'autres. On en a enlevé un dizaine au total Hélène et moi. Et une seule a vraiment eu le temps de satisfaire son appétit et de laisser derrière elle une belle trainée rouge sur ma cheville. Heureusement il y a de bons côtés à tout. L'hirudine est aujourd'hui un médicament très utile notamment pour empêcher la formation de caillots sanguins et donc des thromboses.

Nous poursuivons donc dans le sentier le long de la petite rivière au fond de la vallée profonde. Le sentier longe les rapides et de nombreuses petites chutes. Il passe aussi par dessus de nombreuses coulées de laves de volcans qui étaient actifs il y a plus de 1,5 millions d'années. 



Puis c'est la lente remontée en haut de la vallée vers le camping. Les oiseaux sont toujours présents mais peu visibles. Au centre du sentier tout en haut, on voit qu'un casoar est passé par ici récemment. Une si grosse masse de graines non digérées cela ne trompe pas. Nous terminons la randonnée vers 10h30 bien heureux encore une fois d'une nouvelle expérience dans la nature australienne.



Nous quittons le camping et nous dirigeons ensuite vers Innisfail pour y faire quelques courses. C'est ici qu'on rejoint le Bruce Highway qui nous amènera plus loin au Sud. En passant nous arrêtons à un petit kiosque sur le bord du chemin. On se sert soi-même et on met l'argent dans un pot, une Honesty Box comme ils disent ici. Nous y achetons des oranges, des petites bananes et une pomme-cannelle d'une nouvelle variété.  Nous allons partir quand le propriétaire vient nous faire un brin de jasette. Très sympathique, il nous fait cadeau d'une cosse de cacao en nous expliquant quelques manières pour en profiter.



Après Innisfail, nous décidons d'aller passer l'après-midi sur la plage de Mission Beach où nous avions campé il y a deux semaine. Nous y passerons la nuit aussi. Le ciel est noir et il vente fort mais nous allons tout de même marcher six kilomètres sur cette magnifique longue plage. Nous revenons en marche très rapide car on voit des orages qui s'en viennent rapidement vers nous. Et nous arrivons juste à temps pour ramasser une partie de notre lessive qui était étendue sur une corde. Le reste de l'après-midi se passe en lectures.

Jean

Et des chutes et des chutes!


Le 11 mai

Jour de chutes! Nous commençons la journée en allant très tôt faire une tournée près de la chute Malanda à la recherche de kangourous arboricoles haut dans les arbres, mais encore une fois sans succès... Après le déjeuner, un peu déçus, nous prenons la route vers le village de Mallaa Mallaa où une petite route de montagne nous mène successivement à trois chutes. La première, Mallaa Mallaa est la plus impressionnante par ses 18,2 m sur arrière plan de piliers de basalte. 



Les deux autres, Zillie et Ellinjaa, sont aussi très jolies, bien qu'un peu moins hautes, et l'on peut aussi s'y baigner. Mais comme le temps est encore frais, nous poursuivons notre route. D'ailleurs, je crois que la route et les paysages magnifiques qui l'entourent valent à eux seuls le détour.





La prochaine petite route que nous croisons nous mène vers Mungali Creek où se trouve une petite ferme fromagère biodynamique. Ils utilisent des procédés biologiques pour cultiver et pour élever les vaches ainsi que pour fabriquer le fromage et le yogourt. Nous goûtons et achetons un bon cheddar vieilli, une trempette de fromage Quark et des yogourts. 




Un peu plus loin sur la route, qu'est-ce qui nous attend? Une autre chute, Mungali Falls. Nous la regardons d'en haut seulement et reprenons la route pour amorcer la descente des montagnes en direction de la mer.



Notre arrêt suivant c'est le parc national de Wooroonooran, secteur de la chute Nandroya où nous camperons. En passant, on voit des ponts de cordes au dessus de la route pour faire traverser les animaux arboricoles et ainsi réduire les accidents routiers.



Nous lunchons, puis allons explorer un peu les alentours. Une belle rivière coule à côté. Je m'y assois pour dessiner un peu. Il y a plein de magnifiques fougères géantes King.  Puis c'est la lecture et le repos. Nous gardons la randonnée à la chute pour demain matin.




Hélène

vendredi 11 mai 2012

De Yungaburra à Malanda par les petites routes de campagnes


Le 10 mai

Nous commençons notre journée en allant visiter le village de Yungaburra à quelques kilomètres de notre camping. Un joli village touristique à proximité d'un grand lac. Nous allons tout d'abord faire une randonnée le long de la petite rivière qui borde le village. C'était un plan d'eau complètement détérioré. mais avec la prise en charge par la population dans les années 1980 et 1990, c'est maintenant un habitat de qualité pour le platypus ou ornithorynque. On y a planté plus de 5500 arbres indigènes et on peut maintenant parcourir un sentier botanique de plus de 2 km le long de la rivière, en espérant voir le petit animal si rare. À quelques endroits des plateformes ont été installées pour l'observer. Mais comme c'est un animal nocturne principalement, il faut être patient et y mettre du temps. Nous n'avons pas la chance d'en voir aujourd'hui. Ni de kangourous arboricoles d'ailleurs alors qu'il s'en voit fréquemment près de la rivière.







Nous arpentons ensuite la rue principale du village et allons bouquiner à une excellente boutique de livres usagés. Les propriétaires sont très sympathiques et ont visité la ville de Québec il y a quelques années. Ils nous conseillent sur des classiques australiens et nous font cadeau d'un livre. Pas surprenant qu'ils soient mentionnés dans le guide de voyage Lonely Planet!




Nous allons ensuite deux kilomètres plus loin voir un immense figuier-rideau dans le Parc national Curtain fig tree. Ce genre d'arbre se développe lorsque que l'arbre qui supporte un figuier étrangleur se brise et qu'il vient s'accoter à 45 degrés par exemple après un autre arbre. Le figuier-étrangleur continue de laisser tomber des lianes vers le sol à la verticale mais alors elles ne suivent plus le tronc de l'arbre porteur. Elles vont s'ancrer directement au sol et graduellement on obtient un beau rideau de lianes qui s'enracinent et nous donnent un arbre exceptionnel.  Toujours pas de kangourous arboricoles!






Quelques kilomètres plus loin nous arrêtons à la fromagerie-chocolaterie Gallo. Nous y dégustons plusieurs fromages et aussi plusieurs chocolats fins et repartons avec du fromage Stilton, du fromage aux noix de macadam et quelques chocolats. Le fromage Macadamia est vraiment unique! Ils ne connaissent pas d'autres fromagerie qui en produise en Australie. C'est presque un dessert!





Nous allons ensuite visiter Atherton, la ville principale des Tablelands à une vingtaine de kilomètres de là. Nous nous promenons sur la rue principale et achetons une baguette à la boulangerie locale en vue du repas du midi où le fromage sera bien mis en valeur. Nous allons aussi voir le site de l'ancien quartier chinois où vivaient jusqu'à 1000 travailleurs chinois et seulement trois chinoises entre les années 1870 et 1900. Mais comme d'autres étrangers non-blancs, les chinois ont été humiliés et parfois même persécutés au tournant du 20 ième siècle et de tout le quartier, il ne reste plus aujourd'hui que l'ancien temple chinois fait en tôle. C'est maintenant un site du patrimoine qui est totalement protégé. Un petit musée à l'entrée du site explique le rôle des chinois dans ces années-là, au départ pour le développement des mines puis après avoir perdu le droit d'être mineurs, dans d'autres métiers.







Après Atherton, nous roulons un peu plus de 30 km vers le Sud jusqu'au Parc National du Mont-Hypipamee. Nous empruntons alors un sentier bien aménagé, pavé en grande partie, qui mène jusqu'à un cratère cylindrique, un diatrème, formé par une explosion souterraine de gaz. Il n'y a pas eu de volcan mais le gaz venant d'un volcan très éloigné s'est infiltré au travers des failles du granite et, rendu près de la surface, a brusquement explosé créant par le fait même un cratère cylindrique étroit et très profond. Au fond du cratère, à environ 70 m depuis le rebord, on y trouve un lac d'au moins 80 m de profondeur. C'est assez étonnant de voir ce type de formation au milieu de la forêt tropicale. 






Le sentier se poursuit et nous arrivons bientôt à une jolie petite rivière où se succèdent de magnifiques chutes au pied desquelles se sont formés des bassins où l'on peut nager. Mais c'est plutôt frais aujourd'hui, à plus de 1000 m d'altitude alors que le soleil est caché par une épaisse couche de nuages.





Nous nous dirigeons ensuite vers Malanda, un petit village situé au Nord-Est du Parc. Nous prenons un raccourci à travers la campagne pour se rendre au village comme nous l'avait conseillé la propriétaire du camping hier. Comme on a bien fait de l'écouter et de passer par ici! Le petit chemin de campagne n'a qu'une seule voie et serpente sur les crêtes de collines herbeuses et abruptes où paissent de nombreux troupeaux de vaches. C'est vraiment joli comme paysage et nous prenons notre temps.





Nous arrivons enfin à Malanda une vingtaine de kilomètres plus loin. Nous allons voir les chutes qui ont été aménagées en parc avec piscine et aire de pique-nique puis faisons un sentier d'interprétation dans la forêt. Nous essayons en vain de voir les fameux kangourous arboricoles qui semble-t-il sont relativement facile à voir ici mais peine perdue! On se réessaiera demain matin car notre camping est situé tout près, à quelques dizaines de mètres de la chute.




La pluie s'installe en fin d'après-midi et on passe le reste de la journée à lire, écrire, faire le blogue, prendre les copies de sécurité, etc

mercredi 9 mai 2012

Parc National Crater Lakes sur les plateaux Tableland


Le 9 mai

Nous nous rendons tôt à Cairns ce matin. Entre Port-Douglas et Cairns, la route est sinueuse et longe la Mer de corail en de multiples endroits. C'est très joli avec les montagnes de l'autre côté de la route. 



Nous allons chez Apollo pour faire changer notre pompe à eau potable. Elle n'a qu'un mois et elle coule déjà! Pas de la grande qualité! Nous obtenons un excellent service chez Apollo et moins de 30 minutes plus tard, nous reprenons la route avec une autre pompe neuve. Nous verrons bien si elle finira le voyage celle-là! On arrête ensuite faire quelques courses à la sortie de cette ville qui s'étend sur des kilomètres à la manière américaine. Finalement, comme les grands vents persistent et qu'on a été pas mal rassasiés avec notre sortie d'hier, nous décidons de ne pas refaire de tour sur la Grande barrière. Nous optons plutôt pour une nouvelle tournée dans le Tableland, au sud de ce que nous avions déjà visité il y a une dizaine de jours.

Nous prenons le Gillies Highway, une petite route qui durant 45 minutes monte en lacets de bottine jusqu'en haut des plateaux à 800 m environ. 



Il fait plus frais ici! 21-22 degrés tout au plus. Nous arrêtons en passant au Parc National Crater Lakes faire un sentier de 5 km autour du Lac Barrine qui est en fait un cratère de météorite rempli d'eau. Nous sommes toujours en forêt tropicale pluvieuse mais la végétation diffère quelque peu à cause de l'altitude. On voit notamment trois beaux Kauris d'une espèce différente de ceux vus précédemment. Ceux-ci ne poussent qu'entre 500 et 1000 m d'altitude. 




Dans le sentier nous voyons aussi de magnifiques figuiers qui prennent différentes formes, un arbre cauliflore avec des fruits sur le tronc et un beau gros serpent de près d'un mètre qui s'enfuit à une vitesse fulgurante lorsque nous arrivons à 3-4 m de lui. Je n'avais jamais vu un serpent aller si vite. Heureusement qu'il n'est pas venu vers nous...






Nous allons ensuite au second des deux lacs issus de météorites situé à quelques kilomètres plus loin, le lac Eacham. Plus petit que l'autre, celui-ci est bordé d'une superbe aire de pique-nique avec kiosques, BBQ, escaliers pour faciliter la baignade et une petite rampe pour mettre des embarcations à l'eau. Un sentier asphalté ferait le tour du lac dans la forêt tropicale ici aussi. Les habitants des villages environnants doivent venir ici en grand nombre lorsqu'il fait plus chaud et que c'est congé.



Nous nous installons dans un camping tout près. La propriétaire est très accueillante et nous donne une foule de renseignements sur les attraits des alentours. On aura un programme intéressant pour demain.

Jean