samedi 19 mai 2012

Capricorne Caves et Rockhampton


Le 19 mai

Nous nous rendons vers 8h45 à l'accueil de Capricorne Caves en vue de faire la visite guidée de 9h. Nous ne sommes que cinq personnes dans le groupe et la guide dégèle rapidement l'atmosphère en faisant des blagues à répétition.

Les grottes sont au nombre de seize sur ce terrain privé appartenant à la famille Olsen depuis 1890. M. Olsen les avaient découvertes par hasard en chassant et a réussi à obtenir le bail puis la propriété du terrain en cachant pendant cinq ans le fait qu'il y avait des grottes sur le site. Sinon, le gouvernement ne lui aurait pas accordé le bail initial. Ce n'est qu'après avoir eu les droits de propriété qu'il a mis en valeur le site. Cela a commencé par des pique-niques puis des voyageurs d'un peu partout, puis un hôtel et un pub, puis la construction d'un village et enfin le centre d'accueil et d'interprétation avec des unités de logements et le camping adjacent. L'hôtel qui était à quelques kilomètres du site a fermé dans les années 1920 mais le pub fonctionne encore et le village nommé The Caves est toujours là avec une petite école.

Nous nous dirigeons vers l'entrée de la grotte principale et sommes accueillis par un jeune Wallabie des rochers qui broute tout à côté du sentier. 



Nous entrons ensuite dans le réseau de cavernes et voyons quelques chauves-souris dans les premières grottes.  Il n'y a que très peu de formations comme des stalagmites, des stalactites ou des  colonnes cependant car les grottes sont trop aérées.





Nous arrivons ensuite à la caverne Cathedral. Cette très grande caverne a été aménagée en église-salle de spectacle. Des marriages y sont célébrés régulièrement et il y a des concerts deux fois par année durant quelques jours. Et c'est toujours à guichet fermé. La guide nous fait écouter de la musique et des chants tout en fermant graduellement les lumières. L'acoustique est très intéressante et la sensation est assez particulière.




Nous enchaînons ensuite une autre série de cavernes dont certaines ont quelques ouvertures un peu spéciales. L'une de ces ouvertures est cylindrique et, uniquement durant quelques jours au solstice d'été et en milieu de journée, le soleil y pénètre directement en projetant ses rayons sur le plancher de la caverne. Un autre ouverture a la forme d'un mammifère marin, si on a un peu d'imagination.



On apprend aussi que, comme aux grottes de Naracoorte que nous avions visitées en mars dernier, des squelettes de wombats géants et bien d'autres espèces aujourd'hui disparues ont été trouvés enfouis dans le sol de certaines des cavernes.

Nous sortons des grottes par un long tunnel sinueux suivi de deux ponts suspendus. C'est plutôt joli et agréable comme expérience. À la sortie du site, un grand kangourou gris de l'Est nous attend tout près avec son petit dans la poche ventrale. Super!



Après cette visite divertissante nous prenons la route et arrêtons pour dîner à Rockhampton, la capitale du bœuf. La ville de près de 80 000 habitants est située le long de la rivière Fitzroy. La rue qui longe la rivière a d'ailleurs conservé la plupart de ses beaux vieux bâtiments même si maintenant le centre-ville se trouve quelques rues plus loin. La principale rue du centre-ville est bien aménagée avec des beaux arbres et des palmiers qui abritent les clients des nombreuses terrasses de cafés ou de bars. La ville arbore fièrement son statut car on voit à plusieurs endroits publics d'immenses statues de bœufs Les commerces portent souvent des noms évocateurs comme le Stockmen Bar par exemple.







Nous passons un bon moment à lire de la nouvelle documentation touristique obtenue au Centre d'information de Rockhampton. L'itinéraire est difficile à planifier, pour la première fois du voyage. Il y a plusieurs choses à voir mais elles sont souvent espacées de 100, 200 ou 300 km vers le Sud ou vers l'Ouest et il est impossible de tout faire. On sait qu'en gros nous avons amplement de temps pour se rendre à Sydney à une allure très raisonnable soit moins de 100 km par jour en moyenne. Et à court terme, on se dirige vers Fraser Island, un Parc national unique en son genre.

Nous roulons environ 1,5 heures en après-midi, passons le Tropique du Capricorne et arrêtons nous camper dans une halte routière qui accueille déjà une dizaine de VR. La halte est bien située, sur le bord d'une grande rivière où des familles viennent pêcher, et nous pouvons camper raisonnablement loin de la route afin de pouvoir bien dormir cette nuit. Comme c'est gratuit, le rapport qualité-prix est difficile à battre!



vendredi 18 mai 2012

Sur la route jusqu'à The Caves


Le 18 mai

Hier soir j'ai exporté l'ensemble de nos tracés GPS quotidiens dans Google Earth. Cela représente à ce jour environ 13 200 km ce qui ressemble pas mal aux prévisions du début du voyage.  Le tracé est en magenta sur la photo suivante.



Aujourd'hui nous avons surtout roulé. Il n'y avait pas grand chose à voir entre Sarina et The Caves où nous nous trouvons actuellement. Le paysage est plat et la végétation se compose d'eucalyptus avec des herbacées en sous-étage. Nous comptons des dizaines de carcasses de kangourous, d'opossums et même une de koala, le long de cette route très achalandée qui relie Brisbane au Nord du Queensland.

Ce midi nous avons lunché au parc municipal du petit village de Marlborough. Au centre du parc, une rocher de plusieurs tonnes qui comporte des veines de chrysoprase. À partir de ces pierres cristallines on peut faire des bijoux. Cléopâtre et Alexandre Le Grand en possédaient peut-on lire sur la plaque. Le rocher vient d'une mine située à une vingtaine de kilomètres du village et qui est en opération depuis les années 1950.




Nous arrêtons en milieu d'après-midi à The Caves, au terrain de camping situé sur le site de Capricorne Caves. Nous visiterons ces cavernes demain matin. Nous passons pas mal de temps à lire les dépliants touristiques car nous voulons choisir l'itinéraire qui nous plaît le plus pour se rendre à Darwin parmi plusieurs qui s'offrent à nous : Pacific Highway le long de la mer, Country Way 50-100 km à l'intérieur des terres ou Leichhardt Highway encore 100-150 km plus à l'Ouest. Ce n'est pas encore évident car il nous manque pas mal d'information.


Jean

jeudi 17 mai 2012

Ornithorynques au Parc National Eungella et Mackay


Le 17 mai

Du haut de notre perchoir, la nuit fut très tranquille. Nous nous levons dans les nuages, la purée de pois. Nous partons tout de suite après le petit-déjeuner pour se rendre sur le bord de la rivière Broken Creek où se trouve l'accueil du Parc national Eungella, le point de départ de quelques sentiers ainsi qu'une plate-forme d'observation des ornithorynques ou plathypus. 



Nous n'avons pas beaucoup d'espoir d'en voir car ils sont surtout actifs la nuit, le matin très tôt et en fin de journée. Les cinq dernières fois où nous avons essayé d'en voir, ce fut sans succès. Mais quelle surprise d'en voir un dès notre arrivée au site d'observation! Il est mignon comme tout et nage au centre de la petite rivière avec ses pattes de devant qui sont palmées. Il respire quelques secondes, ferme ses yeux, ses narines et ses oreilles, et plonge dans l'eau trouble pour aller chercher sa nourriture à l'aide de son bec ultra-sensible aux champs électriques dans l'eau. Quel animal bizarre! Mammifère qui pond des œufs, allaite ses petits, pourvu d'un ergot venimeux aux pattes arrières et surprenant à bien d'autres égards que je passe sous silence ici. Et voilà qu'un deuxième animal apparaît! Wow! 




Ce n'est probablement pas pour cela que des dizaines de cockatiels à crête jaune crient à tue-tête juste au dessus de la rivière mais tout de même un vrai beau spectacle que l'on admire durant plus d'une demie-heure. Pendant que les deux ornithorynques s'affairent en face de nous, une dizaine de tortues passent lentement à la queue leu leu juste à nos pieds, tout près de la rive. Où s'en vont-elles comme cela?



Après nous être remplis les yeux de plathypus nous allons faire un sentier dans la forêt tropicale bien particulière de ce parc national. Le Parc national Eungella protège une forêt refuge, un îlot de forêt tropicale qui a été isolé des forêts plus au Nord lorsque le climat de l'Australie est devenu de plus en plus sec. Les espèces présentes dans les montagnes du parc ont continué à évoluer depuis les quelque 30 000 ans depuis cette séparation et aujourd'hui, il y a des dizaines d'espèces que l'on ne trouve qu'ici, des espèces endémiques au Parc Eungella. Notre premier sentier nous amène donc à travers des peuplements de Tulipiers de Eungella (Tulip oak) et de palmiers éventails de Eungella (Fan palm). 





Si l'on cherchait très fort et si l'on était chanceux on pourrait aussi voir des amphibiens et des reptiles endémiques du Parc dont une grenouille qui incube ses œufs dans son estomac et qui crache les tétards après l'éclosion. Mais aucun individu n'a été trouvé depuis 1995... Rare, menacée, en disparition, disparue?  Malgré la légère pluie, les sangsues semblent absentes.  Mais on n'a pas pris de chance avec les bottes...



Nous faisons ensuite une seconde randonnée dans un habitat différent à flanc de montagne. Le sentier passe sous un figuier particulier qu'on appelle le Tree Arch. L'arbre hôte qui a servi de pilier à ce figuier alors qu'il se développait est mort depuis longtemps et a complètement disparu. À sa place il y a cette cavité qui donne un cachet bien particulier au figuier qui reste et au sentier qui passe au travers.




Avant le dîner nous arrêtons au Café Hideaway pour y prendre un succulent capuccino et pour visiter le jardin de Susanna la propriétaire. Susanna a construit et décoré son jardin d'une manière bien originale. Elle se défend bien que ce soit de l'art mais je crois bien que oui car les centaines d'objets qu'elle a créés avec des billes de verre ou des pierres sont uniques. L'ensemble surprend par son ampleur. Des années de travail et des milliers d'heures à coller des morceaux de verres sans aucun doute. Un jardin rococo qu'on a bien aimé parcourir dans une ambiance de musique classique.







Après dîner, nous redescendons la montagne sur la compression. Nous passons de 750 m en 150 m d'altitude en une dizaine de minutes, par le même chemin où nous avions monté. Nous nous dirigeons ensuite vers Mackay, ville d'environ 80 000 habitants et capitale régionale touristique et de services. Tout au long du parcours, nous sommes entourés de champs de canne à sucre et nous sommes surpris de voir trois grosses usines sucrières en l'espace de quelques dizaines de kilomètres.

Nous visitons le centre-ville situé sur le bord de la mer à l'embouchure de la rivière Pioneer et décidons de poursuivre notre périple car cette ville n'a pas grand intérêt pour nous malgré une marina, un joli centre-ville commercial, des condos en bordure de rivière, etc. C'est certainement parfait pour les touristes qui en font un lieu de résidence secondaire pour passer l'hiver mais cela manque de d'attraits intéressants pour nous.

Nous roulons vers le Sud jusqu'à la petite ville de Sarina où nous trouvons un petit camping sympathique et tranquille pour passer la nuit. 

mercredi 16 mai 2012

Eungella et Finch Hatton Gorge


Le 16 mai

Après quelques courses nous quittons Airlie Beach et nous dirigeons vers le Sud durant 80 km environ. Puis nous prenons une petite route de campagne qui sillonne à travers les champs de canne à sucre dans les collines.



Nous lunchons sur le bord d'une rivière juste avant d'arriver au petit village de Finch Hatton. Mais d'entrer dans le village nous bifurquons vers la Gorge Finch Hatton au pied des montagnes, dans le Parc National Eungella. Le chemin rétrécit rapidement, devient en gravier, passe sur des petits ponts submergés par les ruisseaux et arrive finalement au stationnement de la Gorge. 





Nous y faisons un sentier qui monte légèrement pour aller admirer une petite chute qui se jette dans un bassin. Hé oui, une autre! 




Mais comme c'est plutôt frais aujourd'hui on ne s'y baigne pas. Nous sommes seuls une fois à la chute mais avons rencontré quelques personnes à l'aller et au retour. Certains nous surprennent par le type de véhicule qu'ils utilisent pour faire la route qui mène à ce secteur du Parc...



La forêt tropicale humide nous entoure et les plantes poussent parmi les gros rochers ce qui est très agréable pour les yeux.





Après cette visite nous revenons vers le village qui est passablement joli, sur le bord d'une rivière, presqu'au fond de cette grande vallée qui canalise l'air chaud et humide de la mer vers le Parc. Là-haut, sur la montagne au fond de la vallée, l'air humide condense et donne jusqu'à 5 m de pluie par an, ce qui explique la présence de forêt subtropicale pluvieuse.

Nous arrivons au fond de la vallée et après avoir lu en passant 3 ou 4 affiches nous mettant en garde nous amorçons la remontée vers le sommet, sur le plateau qui surplombe la vallée. La pente est très abrupte, et les virages en épingles abondent. Des grillages entrecoupent la route régulièrement pour faire passer l'eau de ruissellement. Un virage est tellement serré qu'on doit regarder dans un miroir convexe pour voir si on va rencontrer un autre véhicule. 



Et nous voici en haut, dans le tout petit village de Eungella situé sur le bord de l'escarpement. Nous allons au camping local et sommes accueillis par la gentille propriétaire qui nous fournit tous les renseignements nécessaires à notre visite de demain. Notamment les endroits où on peut observer des platypus, si on est chanceux. Le camping est situé juste sur le bord de la falaise. Quelle vue nous avons sur la vallée tout en bas! Nous nous assoyons sur le bord du talus pour regarder le paysage.



Hélène dessine la vallée pendant que je la scrute à l'aide des jumelles. Deux magnifiques aigles (Wedged tail eagle) planent juste devant nous profitant de l'air ascendant. Le soleil baisse rapidement derrière nous et le froid s'installe. Nous mangerons dans le campervan ce soir!


Jean




mardi 15 mai 2012

Airlie Beach et le Parc National Conway


15 mai

Petit matin mollo. Il fait beau soleil et grand vent. Nous partons du camping vers 9 h et allons prendre une marche sur la longue plage Queen de Bowen. Puis nous allons voir la marina où des kite-surfeurs profitent du vent. Enfin, nous passons par la rue principale où furent tournées plusieurs des scènes du film Australia avec Nicole Kidman en 2008. Bowen fait alors office de Darwin. C'est sur la rue principale que les troupeaux de bétail ont passé et près de la marina qu'à eu lieu l'attaque aérienne par les Japonais.



Nous prenons ensuite la route vers Airlie Beach, une centaine de kilomètres plus loin. C'est une petite ville touristique très animée. Un bateau de croisière a débarqué des passagers qui se baladent sur la promenade. Un beau parc municipal en bord de mer attire beaucoup de monde avec sa piscine bordée de sable fin. Une statue d'un dugong rappelle que cette espèce menacée vit dans les environs, notamment dans les Îles Whitsunday.




Des centaines de voiliers et bateaux de toutes sortes sont amarrés. Airlie Beach est un lieu de rassemblement bien connu des bourlingueurs, qu'ils soient en bateau ou en campervan. Nous mangeons au parc et visitons un peu les environs. Nous allons ensuite réserver un emplacement de camping avant de nous rendre au Parc national Conway tout près. Nous mettons nos bottes de marche pour nous rendre sur le Mont Rooper où un belvédère nous donne une vue superbe sur quelques unes des îles de Whitsunday. 



Ce sont des montagnes d'origine volcanique qui ont été séparées du continent il y a quelques dizaines de milliers d'années lorsque le niveau des océans a monté. Comme dans le Parc national Conway, on y trouve des plantes et des animaux endémiques. Nous retrouvons les Grass-trees à profusions et aussi les fameuses plantes vénéneuses à éviter.  En forme de coeur: Pourquoi? 



Nous faisons bien attention pour ne pas toucher les coeurs!  Et sur le site web du Parc on dit qu'il faut savoir quoi faire si on rencontre des animaux ou des plantes dangereux.  On donne la liste dont le serpent noir à ventre rouge.  Ma question est la suivante: Comment on fait pour savoir s'il a le ventre rouge?

Cela valait la peine de marcher les 5 km dans la forêt tropicale des basses-terres (lowland) pour s'y rendre...

En fin d'après-midi nous jasons longuement avec un couple de retraités qui sont venus d'Allemagne pour s'installer en Australie il y a plus de 50 ans déjà. La température baisse rapidement et le soleil aussi. Cela paraît qu'on descend vers le Sud!

Hélène

lundi 14 mai 2012

De Wallaman Falls jusqu'à Bowen


14 mai

Vers 7 h, nous quittons le camping pour aller admirer la chute Wallaman une dernière fois avant de partir. Il fait un temps magnifique, pas un nuage à l'horizon. En descendant la montagne, nous arrêtons déjeuner sur un belvédère avec une superbe vue sur la campagne et les montagnes environnantes. Puis, sur la petite route, nous croisons plusieurs vaches paisibles et sympathiques car il n'y a pas de clôtures.



Après un bref arrêt à Ingham, nous mettons le cap vers le sud. Nous contournons Townsville et roulons près de 400 km à travers les plantations de canne à sucre et les cultures potagères, pour nous rendre jusqu'à la petite ville côtière de Bowen. C'est le début de la région des Whitsundays.

Après notre installation dans un camping à Horseshoe Bay, nous allons faire une marche en bord de mer et sur la falaise pour nous dégourdir un peu les jambes. Très bonne idée car le sentier est escarpé et les vues sont superbes sur la mer, les plages et la ville qu'on visitera demain! Nous revenons vers 1h30 plus tard, avec une bonne idée des environs.






Depuis qu'on a laissé Townsville, nous revoici en terrain inconnu. D'après la documentation consultée il y a pas mal de choses à voir jusqu'à Sydney. Encore beaucoup de découvertes en perspective, espérons-le.

Hélène